Contenu du projet

Publié le 24 mai 2010


Le site s’étend aujourd’hui sur 49 communes à cheval sur deux départements (78 et 91) entre Massy et Saint Quentin en Yvelines, et fait aujourd’hui l’objet d’un projet de Cluster[1] conduit par les pouvoirs publics.
 
En pratique, l’élaboration de ce « cluster » passe par :
· Une réorganisation de grande ampleur des établissements scientifiques, techniques et d’enseignement supérieur du sud de Paris, de sorte que tout le système français en sera affecté,
· Un énorme programme immobilier, locaux professionnels, logements, infrastructures ; or le volet logement, infrastructures reste pour le moins obscur.
 
L’ambition affichée par l’Etat est de rapprocher recherche, enseignement supérieur et développement industriel. Cette ambition peut apparaître louable à certains, compte tenu de ses perspectives de relance industrielle, de développement d’emplois. Cela doit-il pour autant conduire à subordonner la recherche publique aux seuls intérêts des entreprises privées et notamment privilégier une orientation des projets vers le court-terme ? Qu’ils soient personnels de recherche, de l’industrie, de l’enseignement supérieur, du secteur public ou du secteur privé, de nombreux salariés expriment leurs inquiétudes et leurs incompréhensions, voire leur opposition. En effet les stratégies de délocalisation des acteurs industriels remettent même en cause le bien-fondé de l’analyse initiale.
 
La concentration de plus d’un quart de la recherche et de l’enseignement supérieur sur le territoire du Plateau de Saclay avec un accroissement de 37% du nombre de salariés et d’étudiants, accentue gravement les déséquilibres et les incohérences territoriales. La question des transports n’est pas traitée et rien ne garantit aujourd’hui que les bâtiments ne se construisent pas et n’accueillent pas des salariés et des étudiants avant que les moyens de les y transporter ne soient définis et engagés. La loi du Grand Paris avec son Métro automatique à grande vitesse ne répond en rien aux besoins immédiats et semble de surcroit bloquer toute initiative de nouveaux transports pourtant indispensables sur le Plateau.
 
Avec 1 300 000 m² (130 ha) à construire et un budget initial de 2 milliards d’euros (passé à 4 milliards en un an), le projet de Campus Paris-Saclay apparaît plus comme une vaste opération immobilière que comme un projet scientifique cohérent. De la médecine aux sciences et techniques de l’information en passant par les toutes nouvelles Nano-technologies, les projets et thématiques s’empilent sans véritable cohérence ni articulation visible ou compréhensible. Pire encore, les chercheurs passent désormais le plus clair de leur temps à chercher des financements pour leurs travaux et à en justifier la rentabilité immédiate dans une nébuleuse de dispositifs (ANR, OSEO-Innovation, Instituts Carnot, PRES, Pôles de compétitivité,…collectivités territoriales…). Ces financements lorsqu’ils sont gagnés viennent la plupart du temps en déduction des subventions des établissements publics qui sont obligés de fonctionner à budget et effectifs extrêmement contraints, voire en baisse constante. Certaines activités de recherche d’entreprises privées ont d’ores et déjà été transférées au secteur public afin de capter plus facilement les financements publics.


n [1]La Commission Européenne définit un cluster comme ungroupe d’entreprises, d’opérateurs économiques liés et d’institutions géographiquement proches les uns et les autres et ayant atteint une échelle suffisante pour développer une expertise, des services, des ressources, des fournisseurs et des compétences spécialisés.

calle
calle
calle