On peut concevoir l’utilisation de la recherche pour étendre le champ de la production industrielle, soit pour répondre à de grands défis posés à la société, soit pour améliorer l’accession du plus grand nombre au meilleur de la technologie, surtout quand on milite pour la reprise de l’emploi industriel. A contrario, il serait totalement irresponsable de ne considérer la recherche que sous son angle utilitariste. La recherche est aussi le moyen d’améliorer sans cesse notre niveau de compréhension du monde et de l’univers, quête fondamentale sans laquelle le progrès et le développement de nos économies n’existeraient sans doute pas. Les investissements importants mobilisés sur le plateau de Saclay ne semblent orientés que vers l’accélération du passage de l’effort de recherche aux résultats industriels et économiques. Les plus vives inquiétudes subsisteront tant que les industriels sacrifieront les stratégies de développement industriel aux stratégies financières et tant que les modes de financement ne se développeront qu’à travers les dispositifs ciblés à court terme comme l’ANR ou opportuniste comme le CIR.
On assiste actuellement dans l’enseignement supérieur et la recherche à un éclatement des structures et à une disparition totale de la démocratie. En même temps on développe les chairs et des campus d’excellence dans les domaines les plus appliqués et qui présentent d’importants potentiels de transfert immédiat à l’industrie. La loi LRU engage les Universités sur la voie de l’autonomie et de la rentabilité financière. Cette loi les écarte du service public et met en danger l’offre de formation et le caractère national des diplômes.
Les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche revendiquent de conserver et partager avec la société la maitrise des finalités de leurs activités tant du point de vue économique que social.